Le couple Pierre Bodet et Marie Fillatreau
Le deuxième enfant de Simon Bodet et Suzanne Bailly m’intéresse plus particulièrement car c’est un ancêtre direct : il s’agit de Pierre (1695-1750) qui épouse Andrée Fillatreau (1702-1771). Aucun lien de parenté n’a encore été trouvé avec Françoise Fillatreau, la femme de François et donc la belle-sœur de Pierre, mais il serait curieux qu’il n’y en ait pas ; il arrivait souvent en effet que deux frères épousent deux sœurs, ce qui arrangeait les choses côté patrimoine… Pierre Bodet et Andrée Fillatreau habitent Moquet et ont huit enfants (dont quatre prénommés Jean). Le second meurt à six semaines, le sixième ne vit que dix jours, et les deux deniers, jumeaux, une semaine seulement. Cette comptabilité macabre est malheureusement constante à cette époque et plus tard encore et elle rythmait sans aucun doute la vie de nos ancêtres.
Pierre, qui ne sait pas signer, est mentionné comme laboureur à la naissance de ses jumeaux en 1741. Mais il est aussi mentionné comme marchand tant en 1731 dans un acte avec Antoine Hillairet que dans un acte d’arrentement en 1747 avec Magdeleine Grain de St Marsault, propriétaire de la Feuilleterie. Le terme « laboureur » désigne aussi bien des paysans pauvres (souvent désignés comme « laboureur à bras ») que d’autres bien plus aisés. Et ce devait être le cas de Pierre s’il est également marchand. En 1731 donc, il passe un contrat de ferme avec Antoine Hillairet, curé de Sérignac : il s’agit en fait pour Pierre Bodet de disposer des « fruits décimaux », c’est-à-dire des revenus de la dime due au curé, contre 500 livres annuelles, ce qui n’est pas rien. Cet Antoine Hillairet, natif de Sérignac, était le fils d’un notaire et procureur fiscal de la principauté de Chalais : sans doute avait-il par ailleurs assez de revenus pour mettre ainsi ses revenus de dîme en fermage, ce qui le dispensait d’ailleurs de se préoccuper de la collecte…
Parmi les enfants de Pierre Bodet et André Fillatreau, deux retiennent notre attention : « Jean l’aîné » (1720-1788), mon ancêtre direct, marchand, et « Jean le jeune » (1727-après 1790). L’aîné va rester à Moquet, le jeune ira s’établir chez Têtaud. Mais notons auparavant que dans les actes notariés entre Andrée Fillatreau et ses deux enfants, Jean l’aîné et Jean le jeune, leur frère François né en 1730 n’est jamais mentionné : peut-être est-il déjà décédé ? Leur sœur, Suzanne, née vers 1732 non plus : elle s’est mariée en 1752 avec un autre Jean Bodet, lui aussi marchand ; il est de la Genétouze indique l’acte de mariage, et ils sont manifestement installés à La Genétouze puisque leurs enfants y naissent ; ce Jean Bodet décède cependant à Rioux-Martin, en 1790, et Suzanne en 1807 aux Fouilloux. Sans doute avait-elle été dotée et avait-elle déjà hérité de son père et du coup, désintéressée de la suite, n’a-t-elle plus à figurer dans ces actes.

Aujourd’hui quatrième du mois de juin mil sept cent trente et un après midi pardevant le notaire royal soussigné et témoins bas nommés personnellement établi en droit maître Antoine Hillairet prêtre docteur en théologie et curé de la paroisse de Sérignac y demeurant lequel de sa bonne et libre volonté a affermé comme il afferme par les présentes à Pierre Bodet marchand demeurant au village de chez Moquet paroisse de Rioux-Martin présent stipulant et acceptant savoir et tous les fruits décimaux de la dite paroisse dus annuellement audit sieur Hillairet…
Pierre Bodet, le petit fils de René, aura donc eu huit enfants avec sa femme Andrée Fillatreau, mais trois seulement feront souche : ainsi en allait-il de la démographie à l’époque !
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