Entre Jean l’aîné et Jean le jeune, ce n’est pas l’entente cordiale
Les deux sont les enfants de Pierre Bodet et Andrée Fillatreau, et leur père est décédé en 1750 ; leur mère quant à elle survivra vingt et un an à son mari1. On notera ici qu’au décès de leur père, Jean l’aîné sait signer et non son frère, Jean le jeune.
Le 3 mai 1760, Jean le jeune et sa mère Andrée Fillatreau cèdent à Jean l’aîné l’ensemble du mobilier de Moquet venant de leur père (photo d’en-tête), à la suite d’un acte du 10 avril précédent concernant cette fois le partage de l’immobilier. Malheureusement ce dernier acte concernant l’immobilier n’a pu être retrouvé, les Archives départementales n’ayant rien avant l’année 1770 pour ce notaire. L’acte du 3 mai 1760, concernant le mobilier, a été conservé dans les papiers de Moquet. Notons que les « meubles » concernent surtout les réserves de « bois marrin », « bois chaigne », récoltes, cheptel et créances diverses. Jean l’aîné doit s’acquitter d’une somme de 1 100 livres2, ce qui pour l’époque était probablement très important. Ça n’a pas dû très bien se passer, car Jean l’aîné qui s’est marié deux fois revendique manifestement d’avoir pour l’essentiel contribué aux revenus et donc à la masse à partager, alors que sa mère estime que c’est surtout le bien de son mari qui a permis de produire des richesses : « contestations à cause de la société tacite d’entre le dit Bodet aîné et feue Jeanne Chadefaud sa première femme et […]la société tacite d’entre le dit Bodet et Françoise Brunet sa seconde femme afin de faire le triage des profits qui se sont faits pendant la durée de chaque communauté, à quoi la dite Fillatreau mère commune et le dit Bodet jeune auraient opposé l’inventaire fait à la réquisition des parties en date du 8 janvier 1755 […] et encore que s’il y a eu des profits de communauté que parties des fonds qui les ont produits pendant les premier et second mariages du dit Bodet aîné proviennent la majeure partie de l’argent monnayé qui existait lors et au temps du décès du dit feu Pierre Bodet leur père commun et de ce qui s’était gagné dans l’intervalle du décès de la première femme du dit Bodet aîné et de son second mariage avec la dite Brunet ». L’expression est peut-être compliquée, mais on voit bien le désaccord !

On peut lire dans la suite de cet acte l’importance de l’entourage et le souci de calmer à temps les conflits entre personnes qui vivent dans une grande proximité, voire promiscuité, dans les mêmes habitations : l’acte en vient en effet « à la fixation des droits respectifs […] les parties en ont pris une parfaite connaissance avec leurs amis communs et gens de conseil après avoir conféré avec eux et en leur présence à l’épurement du tout, lesdites parties ont dit que pour entretenir la paix et l’union que demande leur proximité et pour éteindre un procès avant sa naissance qui deviendrait coûteux il a été convenu que… » (photo ci-dessus).
Ambiance…
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