Les registres paroissiaux et d’état-civil

Ils sont une source essentielle et sans aucun doute celle par laquelle chacun commence ses recherches. Les archives départementales les ont maintenant quasiment toutes numérisées et elles sont consultables sur internet, ce qui facilite grandement le travail. Pensons à nos aînés qui devaient se déplacer physiquement pour accéder aux lieux de conservation des archives, surtout quand ils travaillent sur des familles baladeuses…

C’est François Ier qui a rendu obligatoire la tenue de registres par les curés, dans l’ordonnance de Villers Cauterets de 1539. Certes des registres existaient auparavant à la demande des évêques, mais bien peu nous sont parvenus. Cette ordonnance impose d’abord de tenir des registres de baptême, et ils étaient visés par le greffe de la Sénéchaussée. L’obligation a ensuite porté sur les mariages et les sépultures (1579), et on parle alors des BMS comme Baptêmes, Mariages et Sépultures. En 1667, Louis XIV impose de tenir ces registres en double exemplaire : il y aura le registre du greffe et le registre communal, mais les deux sont toujours visés par le greffe de l’autorité civile, bien que tenus par les curés.

La recherche dans les registres paroissiaux relève parfois d’une immersion en terre inconnue sans garantie d’arriver à bon port ! Il faut d’abord que ces registres aient été conservés, ce qui n’est pas toujours le cas même si la tenue en double permet souvent de pallier les lacunes de l’un par la conservation de l’autre. Il faut ensuite qu’ils nous parviennent en bon état : les dégâts des eaux ou en tout cas de l’humidité n’arrangent pas lisibilité d’une plume pas toujours nette, les pages sont parfois déchirées juste à la date que l’on cherchait… Si certains curés sont soigneux et appliqués, rédigent les actes de façon lisible et complète, d’autres en contraire avaient manifestement d’autres priorités ! feuillets reliés en désordre, écriture pour le moins désinvolte, rédaction minimale : « aujourd’hui j’ai marié Jean untel et Marie une telle »… que faire avec ce niveau de précision ? et lorsque l’âge du défunt est précisé dans l’acte de sépulture, c’est toujours « ou environ » sachant que cet environ peut jouer sur plus ou moins cinq ans, soit dix ans au total d’imprécision.

Depuis la Révolution, les registres sont tenus par les officiers d’état-civil, c’est-à-dire par le maire ou son adjoint. On parle désormais des NMD : Naissances, Mariages, Décès. Ils sont quasiment toujours filiatifs, c’est-à-dire qu’ils indiquent clairement les parents du nouveau-né, ou des mariés, et en général aussi des défunts. Qui plus est, parce que plus récents et sans doute aussi parce qu’on y faisait plus attention, ils sont en général bien conservés. Depuis l’instauration des livrets de famille, en 1877, une attention très forte est apportée à l’orthographe des prénoms et des noms de famille, ce qui n’était pas le cas avant. Remonter de génération en génération jusqu’à la Révolution est en règle générale assez facile, c’est pour remonter plus haut dans le temps que les choses se gâtent la plupart du temps.

Le registre paroissial le plus ancien conservé pour la commune de Rioux-Martin est le BMS de la période 1633-1700, que l’on peut consulter sur le site des Archives de la Charente sous la cote 279 E-DEPOT GG/1. Sur la vue représentée ici, on lira l’acte de baptême, en décembre 1633, d’Anne Moquet, fille de Jean et de Guillemete Vergnaud, avec un Fillastreau comme parrain et Anne de la Faye comme marraine. Le registre est très abimé, au moins sur les 80 premières pages, ce qui rend la lecture souvent difficile et sans doute incomplète.

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