Tradition orale vs source écrite

La tradition orale est parfois riche… mais fausse. Il en va ainsi d’une cousine qui m’affirmait qu’un rameau familial remontait à un Hamilton, un écossais catholique persécuté comme tel par les protestants et qui était venu se réfugier en France. Elle tenait cela de sa propre grand-mère et c’était forcément vrai puisqu’on l’avait toujours dit. Sauf que cet Hamilton était un pasteur protestant venu prêcher le saint évangile en France, et plus précisément à Ozillac près de Montendre. Et les sources sont formelles à cet égard.

Elle est parfois vraie, mais à quelque chose près… on m’a ainsi raconté que des Frichou avaient acheté au XVIIIe siècle le domaine de la Morine à la Genétouze en payant avec un cheval blanc. Non, ce n’était pas au XVIIIe mais au XVIIe siècle (en 1695 pour être précis), non ce n’était pas la Morine à la Genétouze mais la Faurie à Rioux-Martin, non ce n’était pas avec un cheval blanc mais la moitié du prix payé avec un cheval noir et son harnais ; mais effectivement des Frichou avaient bien acheté une propriété en payant avec un cheval… c’est l’acte notarié qui permet ainsi de rétablir ou de préciser la vérité du souvenir ou de la tradition.

Pour l’histoire récente bien sûr, les témoignages de première main sont toujours plus intéressants car plus vivants, plus « incarnés » ; et lorsqu’une grand-mère raconte à un petit enfant ce que lui racontait sa propre grand-mère, ce sont cinq générations qui communiquent ainsi, soit près d’un siècle et demi. Encore faut-il que ces témoignages soient transmis, recueillis et conservés ; mais quand on est jeune, ce n’est pas ce qui intéresse le plus, et lorsque l’âge est venu de vouloir s’en occuper, les voix plus anciennes se sont tues depuis longtemps !

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