Moquet en 1836 : ce que nous apprend le cadastre napoléonien

C’est en 1807 que Napoléon a institué un cadastre parcellaire, constituant ainsi un outil juridique et fiscal performant. On imagine facilement le gigantisme d’une telle tâche à l’échelon de l’Empire… Pour Rioux-Martin, le cadastre n’a été achevé qu’en 1836. C’est ce cadastre qui fera référence jusqu’en 1930, date à partir de laquelle il évoluera en fonction des diverses transactions immobilières.

Le hameau de Chez Moquet figure sur la feuille 1 de la section B dite de Guilledon, et on peut le consulter sur le site des Archives de la Charente. 

Archives de la Charente 3 P 279/10

On peut superposer très exactement le Moquet du cadastre napoléonien et celui d’aujourd’hui. Plus exactement le bâtiment principal visible depuis la route est exactement le même, à l’exception du pavillon côté route qui n’existe que depuis les années 1870. Et la matrice cadastrale, qui mentionnait à l’époque le nombre de portes et fenêtres (servant de base d’imposition), finit de montrer que le Moquet d’aujourd’hui est exactement le même qu’en 1836. En revanche, les bâtiments de l’autre côté de la route ont changé tant pour la maison, agrandie, que pour les granges, agrandies et modifiées ; de l’autre côté du bâtiment principal, les granges et bâtiments d’habitation ont partiellement disparu.

Deux puits existaient déjà : celui du jardin principal et celui de la grange derrière. Il faut donc en conclure que celui qui existe aujourd’hui près du four à pain est postérieur à 1830. Quant au four, rien ne le mentionne sur le plan. Mais en 1849, les époux Priou, qui habitaient la partie Est de Moquet, font une donation à leurs enfants : le four et le puits apparaissent clairement dans le lot de leur fils aîné ; il faut donc en conclure qu’ils datent l’un et l’autre de cette période comprise entre le relevé cadastral et 1849.

Huit propriétaires se partageaient le hameau de Moquet, de façon assez inégale : la matrice note les noms de Constantin, Caillaud, Pommier, Vironneau, Priou, Fillatreau, Charles, Vallade. Le schéma suivant montre clairement cet enchevêtrement de parcelles.

Si le Moquet d’aujourd’hui est identique à celui de 1836, rien ne permet pour l’instant de savoir de quand date cette configuration. L’examen de la construction montre que le bâtiment a subi plusieurs évolutions : on note par exemple que des œils-de-bœuf ont existé ailleurs sur la façade et ont été bouchés par la suite, sans doute pour laisser place à un ordonnancement où chaque ouverture est surmontée d’un œil-de-bœuf ; cela veut-il dire que les pièces d’habitation auraient été distribuées autrement ? que des logis distincts auraient ensuite été rejoints et unifiés ? Difficile d’en dire plus dans l’état actuel des sources. En avril 1760, Andrée Fillatreau et Jean le jeune son fils cèdent à Jean l’aîné l’immobilier qu’ils possèdent à Moquet, puis le trois mai de la même année  règlent ce qui concerne le mobilier, c’est-à-dire ici les récoltes et installations d’exploitation (en savoir plus). L’acte de mai a été conservé dans les documents familiaux, mais celui d’avril est introuvable y compris aux archives départementales. Dommage, car peut-être aurait-il permis d’apprendre quelque chose sur le Moquet antérieur à 1836.

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