Jean l’aîné prend les rênes de Moquet
Jean l’aîné reste, lui, à Moquet puisqu’il en a acheté l’immobilier et le mobilier à sa mère et à son frère en 1760 (en savoir plus). Il a trois enfants de son premier mariage avec Jeanne Chadefaud, née à Rioux-Martin en 1726 et décédée à Moquet en 1754 (dont au moins deux enfants morts en bas âge), et cinq de son second mariage avec Françoise Brunet. On ne sait pas grand-chose de cette dernière, sinon qu’elle est veuve en premières noces d’un Jean Papillaud, avec qui elle a eu deux enfants, Pierre et Catherine. Nous savons par une quittance signée en avril 1788 par Pierre Papillaud à Françoise Brunet sa mère et Jean l’aîné son beau-père que Françoise avait doté son fils d’une somme de 2 000 livres et donc qu’elle n’était pas vraiment pauvre…
Plusieurs actes notariés montrent que constamment on procède à des cessions et acquisitions ou échanges. Ainsi, en 1764, Jean l’aîné achète à Anne Motard veuve de Jean Patinet dix onces de terre à vigne à l’Argentonne, pour 76 livres : « à prendre en plus grande pièce et du côté du midi, située au lieu appelé à l’Argentonne en ladite paroisse de Rioux Martin, confrontant du levant audit acquéreur, du midi à Jacques Chadefaud, du couchant au grand chemin qui va de l’Argentonne à Médillac sur main gauche et du nord audit vendeur ». Faute de cadastre, il faut bien se contenter de ces précisions somme toute assez sommaires. Heureusement que l’acte précise ensuite : « les plus amples confrontations ledit Bodet a déclaré bien savoir et s’en contenter »…
En 1770, Jean Bodet l’aîné achète un terrain à André Chatellier de Guilledon à Médillac (limitrophe de Rioux-Martin). L’achat porte sur « une pièce de terre en chenevière1 située ladite paroisse de Rioux-Martin près du moulin de Roche, confrontant du nord et levant à Jacques Chadefaud, du midi à Lacqueraut et du couchant au chemin qui va de Chalais au bourg de Médillac » et Jean paiera pour cela la somme de 42 livres. La même année, il achète à Philippe Dumas habitant La Lande à Rioux-Martin une pièce de pré « de chez Marcheteaux en la pièce du même nom avec un droit de rente de l’abbaye de Fontevreau2 confrontant au levant à Jean Bonnin, au couchant à la veuve Ansonneau, au midi au nommé Verdeau, et du nord à la veuve Petit et autres, contenant cinq onces quatre carreaux, un quart de carreau », pour la somme de 55 livres.
Éventuellement, il faut aller plus loin pour agrandir l’exploitation. Ainsi dans un acte de fermage daté de 1777, Jean Texier, domestique demeurant à la Grave d’Ambarès, et son fils Daniel, tonnelier, demeurant à Bordeaux, donnent en ferme à Jean Bodet l’aîné, marchand, demeurant au village de chez Moquet, les biens, domaines et héritages leur appartenant situés à St Aigulin, la Genétouze et Médillac : maison, bâtiments, terres labourables ou non, bois, etc. Cette ferme est faite pour cinq ans pour 27 livres par an. Par ailleurs, Daniel Texier est redevable à Jean Bodet de la somme de 99 livres (acte de 1768) et autres éléments qui se compensent. L’acte est passé en présence d’Elie Girard, galocher, habitant chez Moquet.
Jean l’aîné meurt en 1788. Mais sa veuve Françoise Brunet continue le mouvement. En 1790 elle procède à un échange avec Léonard Paillard. La première cède au second une pièce de terre labourable située au Lavoir, et en échange Léonard Paillard cède à Françoise Brunet « une pièce de terre appelée à la Courlac proche dudit village de Moquet, qui confronte de toutes parts à ladite veuve Bodet » ; la valeur des pièces étant inégale, elle paiera 200 livres à Léonard Paillard.
On ne sait pas exactement qui habitait Moquet en cette fin de 18ème siècle, mais manifestement Jean Bodet l’aîné, l’arrière-petit-fils de René Bodet et Guillemette Dalanson, a su faire prospérer ses affaires ainsi que son frère Jean le jeune, malgré les différends qui ont pu exister entre eux. Savoir à quoi correspondent les sommes évoquées ci-dessus est une question délicate (en savoir plus).
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- Une chènevière est un champ de chanvre, le chènevis étant la graine de chanvre. ↩︎
- Il y avait à la Lande un prieuré dépendant directement de l’abbaye de Fontevreau, comme dans beaucoup d’autres lieux en sud-Charente d’ailleurs. On pourra à ce sujet consulter l’atelier de Claude Paynaud ↩︎







