De Janot à Lamaronnière : le changement d’un patronyme

Edgard Lamaronnière, mon grand-père, avait commencé une généalogie de sa famille, mais il n’était pas remonté au-delà de son trisaïeul : Etienne marié à une Mariane Chadeffaud, et encore n’avait-il trouvé que son acte de décès, en 1853 à Saint Aulais la Chapelle, en Charente ; acte qui mentionnait le nom de son épouse dont il était veuf. Sa fille Monique, ma mère, m’avait dit que malgré ses recherches il n’avait pu remonter plus haut. Sans doute pensait-il que sa famille habitait Saint-Aulais la Chapelle, en Charente, depuis des temps immémoriaux et surtout n’avait-il cherché que dans les registres d’état-civil et n’avait-il pas eu accès aux registres paroissiaux, déjà conservés aux Archives départementales : c’est plus facile aujourd’hui que ces registres sont numérisés pour la plupart et accessibles sur internet. Il aurait alors compris que sa famille venait précédemment de Berneuil, paroisse voisine de quelques sept kilomètres.

Mais il serait tombé alors sur une deuxième difficulté : pour trouver Lamaronnière, il fallait chercher Janot…

J’ai en effet trouvé la mention suivante sur les tables décennales de Berneuil (1750-1792) au-dessous de la ligne concernant Pierre Lamaronnière, un cousin d’Etienne : « voir le mot Janot à la lettre J, le curé employant indifféremment l’un ou l’autre de ces deux noms ».

Archives de la Charente 3 E 42/13

Ce fut alors l’occasion d’un longue recherche, à l’occasion desquelles je tombais sur des personnes qui pouvait naître sous le nom de Janot et se marier sous celui de Lamaronnière, ou l’inverse, ou encore décéder comme Janot mais dont la veuve était veuve Lamaronnière… Bref, il fallait vérifier tout cela et s’assurer à chaque fois qu’il s’agissait des mêmes personnes : tous les actes n’étant pas filiatifs, c’est parfois par la mention de parrain ou de marraine ou par d’autres détails que j’ai pu arriver à la certitude qu’il s’agissait bien des mêmes personnes.

Cela m’a permis de remonter à un couple Pierre Janot Lamaronnière marié à Françoise Soulard et à ses quatre enfants tous nés entre 1737 et 1742 : Jacques, Jean, Marie et l’ainé Jean, mon ancêtre, marié à Marie Blanc ; ce dernier couple est celui qui a été condamné lui aux galères et elle au bannissement, ce que l’on peut lire ici. Ce dernier couple aura quatre enfants lui aussi, dont étienne marié à Marianne Chadefaud, évoqués plus haut. Et pendant trois, voire quatre générations, et en passant de Berneuil à Saint-Aulais, sur l’ensemble de cette lignée des parents et des cousins, les actes de naissance, de mariage et de décès vont se décliner tantôt en Janot tantôt en Lamaronnière… Reste à trouver l’origine de ce changement de patronyme… On trouve sur le registre paroissial de Berneuil à la date du 20 janvier 1744 l’inhumation de « messire pierre janot escuyer sieur de lamaronnière âgé de soixante-trois ans ou environ » : serait-ce là la bonne piste (en savoir plus)?

Pour visualiser sur Geneanet, c’est ici

Publications similaires