Les Constantin : de Sainte-Souline à Rioux-Martin

La famille Constantin, qui compte beaucoup de marchands et de maréchaux ferrants avant d’inclure un médecin et des vétérinaires, est originaire de Sainte-Souline, depuis au moins 7 générations : Le plus ancien Constantin dont la trace a pu être retrouvée pour l’instant nait vers 1606 dans cette paroisse, dans laquelle il meurt en 1683, soit à 77 ans : ce devait être un âge tout à fait respectable à cette époque. Il existe encore une maison, transformée en gite rural, appelée « la maison du Père Constantin » dans le hameau de Broue : on peut supposer qu’elle appartenait à une branche de cette famille. Son fils Pierre est noté comme marchand, et le fils de ce dernier, Bernard (1660-1720) est maréchal au village de Broue, toujours à Sainte-Souline. Vient ensuite, aîné de trois enfants, Pierre (1685-1767), lui aussi maréchal à Broue et qui aura avec Catherine Boucherie huit enfants : d’abord six filles, puis deux garçons. Leur avant-dernier, Pierre (1726-1801) continuera le métier de maréchal à Broue. Marié à Marie Musset, ils auront eux aussi huit enfants.

Sur ces huit enfants, seuls quatre se marieront. L’aîné, Pierre (1751-1819) est mon ancêtre direct : il épouse en 1782 Catherine Ribéreau, et leur contrat de mariage stipule que le nouveau ménage s’installera à Broue chez les parents de Pierre, et qu’en cas de séparation c’est à Pierre que reviendra le domaine de Broue. Mais en cette fin de XVIII° siècle, la famille Constantin se rapproche de Rioux-Martin.

Pour quelle raison cette migration à une vingtaine de kilomètres ? On ne le sait pas. Mais les liens vont être nombreux et multiformes. En 1783, Marie, la sœur de Pierre, va épouser Jean Eutrope Boistard de la Belle-Eau à Rioux-Martin[1]. Un frère de Jean Eutrope, Thomas Boistard, avait épousé dix ans plus tôt en 1774 une Catherine Papillaud dont la mère Françoise Brunet, d’abord mariée à Jean Papillaud, épousera en secondes noces Jean Bodet l’aîné, veuf lui-même de Jeanne Chadefaud. Ce couple Jean Bodet l’aîné et Françoise Brunet, mes ancêtres directs sur cette branche, ont eu plusieurs enfants, qui se trouvent donc être demi-frères ou demi-sœurs de Catherine Papillaud qui par son mariage avec Thomas Boistard se trouve être la belle-sœur de Jean Eutrope qui vient d’épouser Marie Constantin. Pourquoi cette digression ? Tout simplement parce qu’en février 1790, Jean Constantin, frère du Pierre qui a épousé Catherine Ribéreau et de Marie qui a épousé Jean Eutrope Boistard, Jean donc se marie à Catherine Bodet, fille de Jean l‘aîné et de Françoise Brunet et demi-sœur de Thomas Boistard dont nous venons de parler. Pour dire la même chose mais vue du côté Boistard, Thomas épouse Catherine Papillaud, demi-sœur de Catherine Bodet, et le frère de Thomas : Jean Eutrope, épouse Marie Constantin la sœur de Jean Constantin qui a épousé Catherine Bodet. Jean Constantin quitte donc Broue à Sainte Souline pour s’installer comme vétérinaire à Moquet.

Nous n’en avons pas fini avec ces alliances, mais revenons au couple Pierre Constantin-Catherine Ribéreau. Ils auront dix enfants tous nés à Sainte-Souline et probablement tous au village de Broue. Pierre et Marguerite, les deux aînés, vont se marier et s’établir dans la commune voisine de Passirac. Le troisième Gabriel sera vétérinaire à Angoulême ; le quatrième François meurt en 1813 à l’hôpital militaire de Vittoria où il a été fait prisonnier par les Anglais. Nous ne parlerons pas ici des cinq derniers enfants, mais il faut bien entendu parler du cinquième : Jacques Constantin qui va épouser en 1817 Catherine Génie Frichou.

Jacques, fils de Pierre Constantin et Catherine Ribéreau, est donc le neveu de Jean le vétérinaire qui a épousé Catherine Bodet et qui habite à Moquet. Catherine Bodet comme nous l’avons dit plus haut est la fille de Jean Bodet l’aîné et de Françoise Brunet. La dernière sœur de Catherine, Marie (1769-1803), épouse en 1790 à Rioux-Martin Pierre Frichou Lafaurie. C’est l’une des filles de ce couple, Catherine Génie, qui va épouser Jacques Constantin : fille de Marie Bodet et du coup nièce de Catherine Bodet, épouse du Jean Constantin le vétérinaire, elle épouse donc Jacques Constantin, le neveu de Jean : le couple du vétérinaire est donc oncle et tante à double titre du jeune couple Jacques et Catherine Génie.

Et c’est ainsi que la famille Frichou intervient, on y reviendra par ailleurs. Mais notons cependant ici que si ce Pierre Frichou qui épouse Marie Bodet habite à la Maurine à La Genétouze, berceau de la famille Frichou depuis plusieurs générations, les liens entre Rioux-Martin et les Frichou sont plus anciens. Cinq générations auparavant, le trisaïeul de Pierre Frichou, Jacques, avait épousé Clotilde Hamilton, fille d’un pasteur écossais venu prêcher le saint évangile à Ozillac et Montendre, et ce couple était venu s’installer à Rioux-Martin dans un hameau qui depuis s’appelle les Ecossais… Nous sommes là au milieu du 17ème siècle. Leurs deux enfants, Charles et Jean, achètent en 1695 la propriété de la Faurie à Rioux-martin, restée depuis dans la famille. Et une nièce de notre Pierre (qui a épousé Marie Bodet) épouse en 1805 Mathurin Fauconnier dont le frère Pierre épouse Marie Agathe Boistard la fille de Thomas et Catherine Papillaud que nous avons évoqué ci-dessus.

Ami lecteur, tu es perdu ? pas étonnant… mais à coup sûr, les personnes que je viens d’évoquer ne l’étaient pas, elles qui se côtoyaient régulièrement et n’habitaient finalement pas si loin les unes des autres. Leurs enfants se rencontraient et des unions pouvaient ainsi se nouer, permettant du coup de ne pas trop éparpiller le patrimoine.

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[1] Les Tartarin, qui habitaient la Belle Eau, descendent notamment de cette branche, et un Jean Albert Maurice Tartarin (1982-1978) épousera en 1920 Jeanne Priou, une descendante de la famille Priou habitant Moquet.

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